Il faut sauver la ligne 18

Molsheim - Vallée de la Bruche / Train : après le ras-le-bol des usagers

Il faut sauver la ligne 18


Parmi ceux que les questions ferroviaires et de desserte du secteur intéressent, les usagers en premier chef, le constat est quasi unanime : depuis le début de la semaine les trains sont à nouveau à l'heure ! Il y a donc du mieux sur cette ligne, « une des plus importantes lignes régionales exploitées en Alsace », qui fait aujourd'hui l'objet d'« une attention toute particulière » à la suite du mécontentement exprimé par les usagers, excédés par les récents et nombreux dysfonctionnements survenus (*).

« Il n'y a pas de raison que cela ne marche pas »


 « Il faut que cette ligne retrouve au plus vite sérénité et efficacité », a insisté Adrien Zeller, président de la Région, lors de la conférence de presse organisée au siège de la communauté de communes à Molsheim en présence de tous les services concernés, pour « bien montrer ensemble qu'on s'occupe du problème ».
 « Il n'y a pas de raison que cela ne marche pas », a rebondi Alain Fer! ry. Le député, président du comité de ligne Strasbourg-Molsheim-Saâles et Strasbourg-Molsheim-Obernai, a rappelé « l'énorme travail fait depuis 1997 grâce à l'ensemble des partenaires », les efforts de la Région et le résultat que l'on sait : « une hausse du transport voyageurs de 40 % ».
 « Et puis, malheureusement, regrette-t-il, les choses se sont liquéfiées, détricotées, en fin d'année 2007 ». Retards « considérables », trains annulés, incidents divers... Le président du comité de ligne, qui réunit des représentants de la SNCF et de la Région, des élus et une association d'usagers, avait même menacé de rendre son tablier si la SNCF, principale cible de son courroux, ne réagissait pas rapidement afin d'améliorer la situation.
 La SNCF, loin de fuir ses responsabilités, comprend « les tensions et le sentiment d'exaspération » et reconnaît « la situation difficile que nous venons tous de vivre ». Pour Dominique Devin, directeur délégué TER, l'année 2006, en ce qui concerne les transports régionaux, a été « médiocre globalement : de 95 % de régularité, nous sommes tombés à 85 % ».
 Pour expliquer les dysfonctionnements survenus, en particulier sur la ligne 18, le patron du TER a évoqué pêle-mêle l'encombrement de la gare de Strasbourg matin et soir (à l'origine des retards ou de la suppression de trains), les travaux en cours, les mouvements sociaux, les avaries en ligne suite à des accidents ou des incidents mécaniques (« la loi des séries ! »), le récent épisode neigeux...

« Personne n'a intérêt à laisser les acquis se déliter »


 « Actuellement, nous sommes en passe de retrouver une situation apaisée et le challenge consiste maintenant à la pérenniser », a assuré Dominique Devin, en rappelant que Mme Meynard, directrice régionale de la SNCF, avait « décrété la mobilisation générale sur l'ensemble de la chaîne ». Il a également redit « l'ambition de la SNCF de servir ses clients en qualité et de respecter les engagements pris auprès de la Région ».
 S'il n'a pas écarté des « ajustements » en prévision de l'arrivée du T.G.V. à Strasbourg en juin, le directeur délégué a surtout insisté sur « le développement de l'offre » qui sera fait pour fin 2008 avec le tram-train, et promis « une réaffectation complète du matériel pour donner encore plus de fiabilité » à la ligne 18.
 « Au fond, dans cette affaire, personne ne veut -ou n'a intérêt à- laisser les acquis se déliter », a conclu Adrien Zeller. A bon entendeur...

J.P.C

 

(*) Lire les DNA du 10 janvier et du 26 janvier 2007. 

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2.2.2007